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C'EST PAS TOUT À FAIT LA VIE DONT J'AVAIS RÊVÉ
C'EST PAS TOUT À FAIT LA VIE DONT J'AVAIS RÊVÉ
2006 - réalisé par Michel Piccoli (France)
avec : Roger Jendly, Michèle Gleizer, Elisabeth Margoni ...
L'HISTOIRE : Un homme partage sa vie entre son épouse et sa maîtresse dans deux appartements quasi identiques. A l'une, il offre son silence, à l'autre, des bouquets de fleurs.
LE SCRABBLE : L'homme aime à croiser les mots avec ses femmes ...
SCÈNE 1 à 0h27'




















Pendant que l'homme est chez sa maîtresse, l'épouse est restée seule chez elle, où elle finit de dîner. On aperçoit sur une table un plateau noir recouvert de mots horizontaux et verticaux, avec un sac contenant des lettres.

On se retrouve alors chez la maîtresse, dans un décor plus luxuriant. Sur la table se trouve un plateau noir similaire, sur lequel l'homme finit de poser un mot. La maîtresse s'assoit dans son fauteuil et l'homme lui jette le sac de lettres. Chacun pose un mot à son tour, jetant le sac à l'autre, la caméra restant fixée sur leurs visages.

La maîtresse : BOUCHE.
L'homme : OFFRE.
La maîtresse : COM-PLE-XI-TÉ.
L'homme : "Grande bouche offre complexité".
La maîtresse : C'est moi ou tu parles de ton vin ?
L'homme : Les deux !
La maîtresse : On continue dans la chambre ?

Bref retour chez l'épouse, toujours seule et attablée. Puis on se retrouve à nouveau chez la maîtresse, où le jeu se poursuit dans la chambre, avec un petit repas.

L'homme : LONGUEUR.
La maîtresse : RICHE. Ah ah !

Les pieds de la maîtresse caressent longuement la peau de tigre qui sert de tapis, au son d'une légère ambiance tropicale.

L'homme : ÉVOLUE.
La maîtresse : BELLE.
L'homme : ÉLÉGANTE.
La maîtresse : SEXE.
L'homme : STRUCTURE.
La maîtresse : En BOUCHE. "Ton sexe évolue vers une longueur riche élégante. Belle structure en bouche."
L'homme : C'est moi !
La maîtresse : Oui.

L'homme contemple la grille avec satisfaction.
SCÈNE 2 à 0h32'


















L'homme est rentré à la maison. Il rejoint machinalement son épouse à table, mais réalise qu'il a déjà mangé.

L'épouse : On joue ?
Le mari : Les dieux grecs ?

L'épouse acquiesce timidement. Ils se lèvent pour s'installer à la table d'à côté. L'homme prend un dictionnaire qu'il tend à son épouse, puis s'assoit face à elle. Ils remettent les jetons dans le sac. L'épouse le secoue, et chacun tire des lettres.

Le mari : OURANOS.

L'épouse se précipite sur le dictionnaire, mais son mari l'interrompt.

Le mari : Le dieu du ciel !
L'épouse : Ah oui !

On les voit poser d'autres mots.

Le mari : HADÈS.
L'épouse : HÉPHAISTOS.

L'épouse se déchausse. Au sol, un tapis en peau de gorille qu'elle se met à caresser avec ses pieds.

Le mari : DIONYSOS.

Elle remue ses pions mais ne trouve rien et les repose dans le sac, tout en continuant à caresser la peau de gorille. On la devine mal à l'aise, en manque d'affection.

Le mari : DÉMÉTER.

Elle soupire. Son mari continue à piocher des jetons et placer des mots.
SCÈNE 3 à 0h43'


















Le mari est préoccupé, il semble se demander combien de temps encore il devra supporter son épouse. Celle-ci le rejoint dans le salon pour une nouvelle partie. Il prétend revenir de son cercle, où il joue aux cartes. Il s'avachit dans son fauteuil, l'air abattu, tandis que son épouse replace les lettres dans le sac et le secoue.

L'épouse : Voila !

Tous deux piochent des lettres.

L'épouse : SA-LA-CE. Salace.

Elle prononce ce mot en regardant fixement son mari. Celui-ci semble perdu dans ses pensées.

L'homme : Je passe.
L'épouse : SALADE. Tu as dîné ?
L'homme : Non. Euh ... oui. Je passe.
L'épouse : Tu as gagné ?
L'homme : Oui. Euh ... non.
L'épouse : Il est ailleurs !

L'homme renverse sa tête contre le dossier, tandis que l'épouse écarquille les yeux, émerveillée par sa trouvaille. Elle se précipite vers le dictionnaire qu'elle consulte aussitôt.

L'épouse : ACQUIESCER. [elle glousse de joie] A.C.Q.U.I. ...

Elle pose ses lettres avec excitation pendant que son mari fume une cigarette, impassible. Elle reprend le dictionnaire.

L'épouse : "Il opina à ce que je venais de dire." [elle rigole] "A ce que je venais de dire." [elle rigole encore]
L'épouse : "Intelligenti pauca" : "A qui sait comprendre, peu de mots suffisent."

Elle ferme le dictionnaire en regardant son époux qui affiche toujours un air abattu, puis pose encore des lettres tandis que son mari boit un café.

L'épouse : Il est ailleurs !
 


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